Michel Ségal, professeur en ZEP, a lancé samedi dernier un sacré pavé dans le marigot médiatique! Dans une tribune publiée par le Figaro, il a exprimé et motivé son refus de lire la lettre de Guy Môquet, lycéen communiste fusillé par les Allemands.
La colère de cet enseignant de "première ligne" m'a plu au premier abord. Elle contient des vérités incontournables et j'y ai rapidement trouvé toutes les bonnes raisons de ne pas satisfaire au voeu du président Sarkozy.
Toutefois, après quelques minutes de réflexion, je n'étais plus aussi sûr de vouloir me retrancher dans un refus aussi désespéré. Ce qu'exprime Michel Ségal est vrai, mais on ne peut pas céder à ce genre de considérations quand on est enseignant: sinon on abdique de tout.
La mort de Guy Môcquet est injuste comme l'est la mort de tout adolescent: le courage et la sérénité avec lesquels il s'aprête à affronter sa fin tragique sont édifiantes. L'amour qu'il témoigne à ses parents, ses derniers mots pleins de vie et de tendresse sont une leçon de vie.
Oui, je crois qu'il faut lire cette lettre pour dire le courage d'un petit Français qui, à travers ses derniers mots, étreint une dernière fois sa "petite maman" et son "petit papa" avec toute la tendresse dont son coeur pur est capable. Oui, je crois que les adolescents d'aujourd'hui peuvent comprendre cela. Penser le contraire, c'est mépriser ceux qui, parmi nos élèves, sont accessibles au contenu de cette lettre. Je lirai donc à la rentrée prochaine la lettre de Guy Môcquet, puis à la rentrée suivante celle d'un autre jeune tombé pour la France tel que Henri PERTRET, fusillé lui aussi à l'âge de 16 ans le 26 septembre 1943. Cette période ne manque pas, hélas, de jeunes dont le souvenir mérite tout autant d'être évoqué.
1 commentaire:
Bravo pour votre engagement... Profitez bien de votre période de méditation et revenez nous vite sur voxgalliae.
Un fidèle de vox qui s'est lancé dans le blogging...
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