samedi 5 mai 2007

Les tout premiers collabos

Une perle tirée du Journal de Marcel Jouhandeau (p.49):

Dans une petite rue qui longe le Bazar de l'Hôtel de Ville, des manutentionnaires sont assis sous une porte cochère. Passent deux officiers allemands qui les saluent. Comme je vois leur étonnement, je me permets de leur dire : « Vos képis vous ont fait prendre pour des militaires. » L'un d'eux me toisant : « Imbécile, ils nous ont pris pour ce que nous sommes, pour des travailleurs. »


La date à laquelle se déroule cette scène, le 19 juin 1940, est essentielle dans la compréhension de la réaction du manutentionnaire. Nous sommes aux beaux jours du pacte germano-soviétique. Maurice Thorez a déserté pour rejoindre Moscou tandis que quatre jours plus tôt Jacques Duclos et Maurice Tréand engagent - avec la bénédiction du Komintern, des négociations pour obtenir des Allemands la reparution de l'Humanité, la libération des militants emprisonnés, et la réinstallation des élus du PCF. Il y a donc de grandes chances pour que notre manutentionnaire soit dans la "ligne". Pour approfondir le sujet: Juin 1940, la négociation secrète, de Jean-Pierre Besse et Claude Pennetier

2 commentaires:

Anonyme a dit…

Finalement la france de 40 n'était pas Petainiste mais bien Staliniste !

Quelle est la plus infecte ?

À cette question je ne saurai répondre...

PS: Heureux de voir que vous restez sur la toile, même si c'est d'une maniére plus spirituel et moins prolifique en info.

Anonyme a dit…

Elle était en 40 ce qu'elle était en 39 ou en 36. En tout cas, elle ne présente pas l'homogenéité à laquelle beaucoup veulent la réduire. Amitiés