samedi 31 mai 2008

Les inquiétudes d'un généticien

Voici un extrait d'un article de Jacques Testart publié par Le Monde diplomatique, qui, une fois dépollué de ses considérations politiquement correctes, livre quelques éléments intéressants sur le totalitarisme génétique à venir:


"Avec l’ambition d’« optimiser » l’apport des personnes à une société qui ne se rêve que performante, on peut prévoir l’irruption d’analyses systématiques de l’ADN permettant de cumuler le fichage policier des personnes et la prédiction médico-sociale de leurs potentialités.
On sait déjà évaluer les risques d’apparition de certaines maladies, mais des généticiens s’efforcent de découvrir des marqueurs non pathologiques (humeur, sexualité, voire même quotient intellectuel...).

Quand ces « facteurs de risques » sont repérés chez l’adulte, ils peuvent justifier la modulation des primes d’assurance et certaines pratiques de médecine préventive.

Décelés chez l’enfant, ils peuvent en outre soutenir des politiques d’orientation scolaire puis professionnelle.

Mais, décelés chez l’embryon (DPI = diagnostic génétique préimplantatoire), ils sanctionnent un droit à la vie d’autant plus fragile que beaucoup d’embryons sont disponibles quand seulement un ou deux enfants sont désirés.

C’est le petit nombre relatif (environ 5) des embryons obtenus à l’issue de la fécondation in vitro qui empêche encore le DPI de répondre aux angoisses (ou aux désirs) des parents et aux « besoins » de la santé publique (on notera cependant que le tri des embryons pour risque de strabisme vient d’être autorisé en Grande-Bretagne...).

Dès que la production d’ovules par dizaines sera maîtrisée, le DPI pourra répondre au vieux rêve eugénique des « bonnes naissances » tout en se conformant aux nouveaux standards de la bioéthique (consentement éclairé, promesse médicale de santé, absence de violence aux personnes...).

(...) de « détail » en détail se construit un monde qui pourra nous annoncer « Bienvenue à Gattaca ! »...
Pourquoi pas le cumul des éléments identifiants et des éléments fonctionnels dans une même carte d’identité génétique affectée à chaque individu ?
Quel but poursuit donc Google en investissant, en 2007, 4 millions de dollars pour analyser l’ADN des internautes et constituer ainsi une grande base de données sur l’information génétique ?"

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