Dans votre premier discours comme président de la conférence épiscopale, vous avez souligné la forte progression de l’indifférence religieuse. Quelle est votre inquiétude ?
Du fait de la forte baisse de la catéchèse, beaucoup d’adultes n’ont même plus à prendre position par rapport à la foi chrétienne, car ils en ignorent tout. Ses symboles, ses mots de référence sont devenus pour eux des éléments étrangers ou exotiques ! Un certain nombre de catholiques n’ont d’ailleurs pas encore pris la mesure des conséquences sociales de cette transformation. Ainsi, les valeurs points de repère de la société ne sont plus ni la foi en Dieu, ni l’amour du prochain, ni l’objectif prioritaire du partage, ni la capacité de se mettre au service des autres.
Cette déchristianisation a des incidences évidentes sur l’Église. À quoi celle-ci va-t-elle ressembler ces prochaines années ?
Je ne sais pas ce que sera demain. Je ne vais donc pas faire de plan de restructuration technocratique. Face à la pénurie de prêtres, il faut susciter et conforter des pôles de vitalité chrétienne pour mettre en œuvre l’Évangile, des endroits où l’on peut mettre en œuvre une formation des chrétiens, développer des célébrations de belle qualité, avec une grande densité spirituelle ; où peuvent se développer des liens de solidarité avec des associations diverses.
Justement, des paroisses ont refusé de «prêter» leur église pour des concerts du Téléthon...
Il s’agit d’une opération non confessionnelle. Je ne vois pas pourquoi on utiliserait les églises pour la faire fonctionner.
En remettant le Téléthon en question comme vous l’avez aussi fait, ne risquez-vous pas d’éloigner l’Église du courant principal de la société ?
Les gens que Dieu envoie pour parler en son nom ne cherchent pas nécessairement ce qu’ils ont à dire dans les courants majoritaires de la société ou auprès des puissances de ce monde. Quand j’invite à réfléchir sur le tri embryonnaire ou sur l’utilisation des cellules embryonnaires, cela ne veut pas dire que je donne une solution. Je dis simplement qu’il y a des questions graves à se poser.
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